Le coin des médias

Epilepsie et génériques

11 Avr 2013

BRUNO D. COT  L’Express – avril 2013

« La prise d’un générique a détérioré l’équilibre de Laila Ahddar (Présidente d’Epilepsie France) »

A l’origine, elle n’avait rien contre. Au contraire. Lorsque, en 2006, Laila Ahddar prend la tête de l’association Epilepsie-France, la jeune femme encourage même le recours aux génériques. « Tout le monde, les médecins notamment, insistait sur le fait qu’il n’y avait pas plus d’effets secondaires qu’avec un produit originel », se souvient cette experte en sécurité des réseaux chez un opérateur de téléphonie mobile. Malgré sa pathologie, elle mène une vie sociale et professionnelle normale. Diagnostiquée épileptique à l’âge de 19 ans, Laila a testé beaucoup de médicaments pour soigner ses « crises partielles complexes», comme on dit dans le langage médical, caractérisées par des périodes d’absence, des mâchonnements et de la fatigue. Elle avait fini par trouver le bon, et la juste dose pour « stabiliser » la maladie. Au point de décider, avec l’accord de son neurologue, d’arrêter son traitement. «Mais dans ce type d’affection, l’équilibre reste fragile et une crise nocturne peut être fatale, précise la jeune femme. J’ai donc dû renouer avec une médication. » Elle se tourne alors vers un générique, et là, c’est la catastrophe : ganglions, fièvre et une réaction urticaire, « comme un zona qui ne cesse de grandir ». Laila Ahddar stoppe net. Elle décide de reprendre son antiépileptique non générique qui lui convenait bien. Nouvelle mauvaise surprise: les effets secondaires observés avec le générique apparaissent aussi avec le princeps. « Mon cas n’a rien d’isolé et des membres de l’association m’ont rapporté des conséquences plus graves », ajoute la présidente d’Epilepsie-France. Ici, la mère d’une jeune fille de 31 ans diagnostiquée « épileptique rebelle», qui n’avait plus que quelques crises par semaine, a vu leur nombre augmenter à six par jour après le passage au générique. Là, un chimiste de la Vienne dont la maladie était stabilisée depuis huit ans, n’a pu que constater, impuissant, la réapparition de ses crises du jour au lendemain. Qu’il s’agisse d’effet retard, d’exfoliant ou de métabolisme, tous ont une même explication : la faute en incombe au générique».