Du côté des adultes Educatif et établissements

L’Amendement Creton

06 Jan 2016

Depuis 1989, l’amendement Creton permet le maintien de jeunes adultes dans les établissements pour enfants handicapés, dans l’attente d’une place dans une structure adaptée pour adultes.

Au 31 décembre 2010, un peu moins de 6 000 jeunes bénéficient de ce dispositif, soit 5,6 % des usagers des établissements pour enfants handicapés. Ils sont surtout présents dans les instituts médico-éducatifs, les établissements pour enfants et adolescents polyhandicapés et les établissements pour déficients moteurs.

Les deux tiers ont 20 ou 21 ans et 59 % sont des garçons. Ils sont plus souvent atteints d’un handicap lourd que l’ensemble des enfants accueillis en établissements et sont plus nombreux à présenter une déficience associée. Leur autonomie est moindre : 61 % ne savent pas lire et 39 % courent un risque vital en l’absence d’une surveillance constante ou d’une aide technique. Près des deux tiers ne sont pas scolarisés.

À la sortie de l’établissement pour enfants handicapés, un quart de ces jeunes adultes sont accueillis en foyer occupationnel ou en foyer de vie. Ils sont toutefois 43 % à exercer une activité professionnelle, presque toujours dans le secteur protégé (établissements et services d’aide par le travail, entreprises adaptées).

Référence : Thomas Irace, Delphine Roy, 2016, « Amendement Creton : 6 000 jeunes adultes dans des établissements pour enfants handicapés », Études et Résultats, n°946, Drees, Janvier.

 

Quelques extraits du rapport qui se rapportent plus particulièrement aux adultes Angelman :

« Des sorties d’autant plus tardives que les déficiences sont sévères :

 

Environ 3 800 jeunes relevant de l’amendement Creton sont sortis, au cours de l’année 2010, des établissements où ils étaient pris en charge, soit 13 % des personnes ayant quitté une structure pour enfants en 2010. Les deux tiers de ces sortants ont 20 ou 21 ans au 31 décembre 2010 et 79 %, 22 ans ou moins. Le statut est donc transitoire pour une grande partie des jeunes concernés.

Toutefois, 21 % sont sortis l’année de leurs 23 ans ou plus tard (18 % en 2006), proportion qui double à la sortie d’un établissement pour polyhandicapés. Plus les jeunes sont lourdement handicapés, plus la sortie peut être tardive : 10 % des déficients mentaux profonds et 22 % des polyhandicapés relevant de l’amendement Creton avaient 25 ans ou plus au moment de leur sortie. Les jeunes polyhandicapés représentent un tiers des sorties de personnes de 25 ans ou plus.

 

Quelques extraits du rapport qui se rapportent plus particulièrement aux adultes Angelman :

« Des sorties d’autant plus tardives que les déficiences sont sévères :

Environ 3 800 jeunes relevant de l’amendement Creton sont sortis, au cours de l’année 2010, des établissements où ils étaient pris en charge, soit 13 % des personnes ayant quitté une structure pour enfants en 2010. Les deux tiers de ces sortants ont 20 ou 21 ans au 31 décembre 2010 et 79 %, 22 ans ou moins. Le statut est donc transitoire pour une grande partie des jeunes concernés.

Toutefois, 21 % sont sortis l’année de leurs 23 ans ou plus tard (18 % en 2006), proportion qui double à la sortie d’un établissement pour polyhandicapés. Plus les jeunes sont lourdement handicapés, plus la sortie peut être tardive : 10 % des déficients mentaux profonds et 22 % des polyhandicapés relevant de l’amendement Creton avaient 25 ans ou plus au moment de leur sortie. Les jeunes polyhandicapés représentent un tiers des sorties de personnes de 25 ans ou plus.

… Les Cretons sont donc plus nombreux que les autres sortants de 18 ans ou plus à se diriger vers un foyer d’accueil médicalisé (FAM) ou une maison d’accueil spécialisée (MAS), destinés aux personnes les moins autonomes, ou encore vers les foyers occupationnels ou les foyers de vie, et ce, même à déficience principale identique.

C’est le cas pour les polyhandicapés : 81 % des jeunes relevant de l’amendement Creton sont dirigés vers ces structures, contre 68 % pour les autres jeunes. Cela est cohérent avec la plus grande prévalence de déficiences associées. Les proportions sont toutefois quasiment identiques pour les déficients mentaux profonds (76 % contre 75 %). »

 

Notre réflexion :

Les places sont rares pour les jeunes Angelman à la recherche de centre pour adultes. Et la situation est variable selon les régions.

Il est impératif pour les familles d’anticiper le plus tôt possible ce passage, en prenant contact avec les associations gestionnaires et en faisant inscrire leur enfant dans les listes d’attente des établissement susceptibles de convenir.

Certains Angelman se retrouvent à 25 ans dans les structures enfants ce qui n’est pas toujours évident car la cohabitation n’est pas aisée et l’accompagnement proposé n’est plus toujours adaptée.

 

Pour en savoir plus voir le rapport complet :

http://www.drees.sante.gouv.fr/amendement-creton-6-000-jeunes-adultes-dans-des,11585.html

 

op -janv 2016